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| Conférence-débat du 25 mai 2010 Une eau de qualité , tous acteurs? |
Conférence débat "Une eau de qualité ? Tous acteurs"
Un débat sur la qualité de l’eau, voilà de quoi attirer un public motivé, surtout quelques jours après une émission de télévision très alarmiste sur la qualité de l’eau du robinet.
Ce débat était organisé par l’association Agir pour Marsannay, qui oriente son action vers la solidarité et le développement durable, avec le souci d’informer les habitants.
Après une rapide présentation du cycle de l’eau par J.Marie Bartalski, membre de l’association, Agnès Mangin, de la DREAL, a présenté les caractéristiques géologiques de la nappe Dijon-Sud et les directives européennes pour protéger et améliorer la qualité des eaux.
Elle a souligné la présence de 2 nappes : l’une profonde et l’autre superficielle évidemment plus fragile. Mais on a remarqué des interférences entre les deux nappes sans que l’on sache bien comment se font les échanges.
Actuellement, on pense pouvoir respecter l’objectif européen de 2015 pour le bon état quantitatif, mais pour le qualitatif, il faudra probablement attendre 2027 !
Ensuite deux intervenants de l’interCLE Vouge/Ouche, Hélène Job et Nicolas Boillin, ont précisé les actions entreprises pour remettre en bon état la nappe Dijon-Sud ; ces actions sont particulièrement soutenues par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse, qui a remarqué que la nappe Dijon-Sud avait une remarquable stabilité en quantité : quand les autres nappes baissent dangereusement, elle ne bouge qu’assez peu, d’où l’intérêt de la remettre en bon état qualitatif.
Les premières mesures prises visent à mieux connaître les caractéristiques de la nappe afin de mieux la protéger. On a installé de 5 nouveaux ouvrages entre Chenôve, Perrigny et Dômois pour prélever des échantillons plus fiables pour les analyses.
Dès les premières interventions, diverses questions ont fusé, en particulier sur l’eau de notre robinet. J.Bernard Péchinot, du SMD, y a volontiers répondu de façon très précise :
Y a-t-il de l’aluminium dans notre eau ? (problème soulevé dans l’émission télé)
Pas de problème d’aluminium sur notre nappe : quand il s’en présente au robinet, c’est l’installation du particulier qui peut être en cause. Les normes de la DDASS sont très strictes et bien en deçà des doses dangereuses. Les analyses sont très fréquentes : 3 par jour à Dijon par exemple, une par mois à Marsannay (les fréquences sont déterminées par le nombre d’habitants) ; les résultats sont obligatoirement affichés en mairie.
Faut-il utiliser des carafes filtrantes ?
Elles sont plutôt sources de problèmes car elles développent vite des microbes si on ne consomme pas leur eau rapidement. L’eau du robinet est plus fiable. En cas de goût de chlore, laisser reposer une heure ou deux dans un pot (les bouteilles plastiques sont à exclure), le goût disparaîtra tout seul.
Peut-on boire de l’eau passée par l’adoucisseur ?
Ce n’est pas conseillé ; il vaut mieux boire l’eau du robinet. Les osmoseurs ne présentent pas d’intérêt : on peut retrouver le même problème que pour les carafes filtrantes. En fait l’adoucisseur n’est utile que pour l’eau de chauffage (chaudières, chauffe-eau, machines à laver), pour éviter les méfaits du tartre. Mais pour la consommation, ça ne présente aucun intérêt.
Les pollutions sont-elles d’origines agricoles ou industrielles ?
Les professionnels ont souvent fait de gros efforts ces dernières années et cela rejaillit sur l’amélioration de la qualité de nos nappes. Il reste cependant le problème d’installations vétustes, de réseaux d’eaux usées dégradés qui laissent partir dans la nappe superficielle des substances toxiques. Ce sera long à améliorer.
Les jardiniers amateurs sont-ils responsables des pollutions ?
Gilles Sallic de l’association des Jardins et vergers de Marsannay a précisé que son association œuvrait beaucoup pour sensibiliser ses membres sur la question. J.B. Péchinot a souligné que les amateurs sont évidemment moins regardants sur les doses car ils pensent que leurs petites quantités sont négligeables. Il attire en particulier l’attention sur le rinçage des récipients qui ont contenu les traitements : éviter de les verser directement sur la terre, car là, le dosage est maximum !
En conclusion, quelques éco-gestes ont été proposés aux assistants :
Limiter sa consommation par des installations bien adaptées (chasses d’eau à double débit, robinets mitigeurs…)
Ne pas faire fonctionner ses machines à moitié remplies
Au jardin, récupérer l’eau de pluie, l’eau de rinçage des aliments pour arroser.
Laver sa voiture dans une station (qui a une obligation de filtrer l’eau avant de la rejeter)
De quoi faire de nous des acteurs à part entière pour une eau de bonne qualité !