
Le budget 2010 de la Sécurité sociale prévoit un déficit record de 30,6 milliards d'euros malgré les efforts demandés aux patients…
La baisse des recettes, qui proviennent aux deux tiers des cotisations sociales des revenus professionnels, est à l'origine de ce dérapage. Il est admis qu'un recul d'un point de la masse salariale prive le régime général de 2 milliards d'euros de recettes.
Chacun comprendra donc que la crise et la hausse du chômage sont la cause essentielle de ce manque de revenu. En effet, pour 2009, la Commission des comptes de la Sécurité sociale se baserait sur un recul de -1,25% de la masse salariale, alors que, ces dernières années, elle progressait de 3 à 4% par an…
RECAPITULONS…
Pour enrayer ce déficit , l’Etat a déjà mis en place, ces dernières années :
Une petite liste de médicaments qui ne sont plus remboursés qu’à 15 %
Un prélèvement de 50 centimes d’euros par boîte de médicaments
Un prélèvement d’un euro par visite chez le médecin traitant
Un prélèvement de 50 centimes d’euros par acte médical
Un prélèvement de deux euros par transport en ambulance
Une taxe de 18 euros sur les actes chirurgicaux supérieurs à 91 euros
Mais on nous dit que la situation va continuer à s’aggraver et qu’il faut donc faire des économies… ce qui conduit à mettre en place pour 2010 les mesures suivantes :
Le forfait hospitalier augmentera de 16 à 18 euros, soit de 12,5 %.
110 médicaments qui sont actuellement remboursés à 35%, 75% ou même 100 % verront leur remboursement diminuer à hauteur de 15 %. Une vignette spéciale sera créée à cet effet.
Bien sûr, les médicaments concernés sont déclarés par la Haute Autorité de Santé comme ayant une performance faible ou insuffisante. L’économie réalisée sur ce poste de dépenses serait de 145 millions d’euros…
La mesure « provisoire » prise entre 2006 et 2008 pour dérembourser les veinotoniques qui pourtant ont fait la preuve de leur efficacité et qui étaient prescrits à de nombreux patients est donc élargie et pérennisée.
La mutualité française qui fédère la quasi-totalité des mutuelles en France, (18 millions d’adhérents) s’est aussitôt élevée contre ce projet qui serait, selon elle, le prélude au déremboursement de nombreux médicaments même efficaces.
Car cette mesure touchera l’ensemble des adhérents directs ou indirects des mutuelles, soit 38 millions de personnes qui ne seront plus remboursés qu’à hauteur de ce que prévoit la sécurité sociale ou qui verront leur mutuelle augmenter de 5 % en moyenne…
Les dépenses de santé sont de plus en plus supportées par les malades. Les inégalités entre ceux qui pourront toujours avoir accès aux soins et les autres, qui seront toujours plus nombreux, vont s’accentuer...
Sur Marsannay comme ailleurs, les plus modestes ou les personnes âgées, plus vulnérables physiquement, commencent à se demander comment ils feront face financièrement en cas de problèmes sérieux…