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La Journée Mondiale des Zones Humides

Pour célébrer ensemble la Journée Mondiale des Zones Humides :

Monsieur Daniel SIRUGUE, Président du Conservatoire des Sites Naturels Bourguignons et Monsieur François REBSAMEN, Sénateur – Maire de Dijon

Président du GRAND DIJON, nous conviaient à une après-midi sur

LES ZONES HUMIDES EN BOURGOGNE

Mercredi 2 février 2011

Salle du Conseil de la Communauté d’Agglomération Dijonnaise

Au programme, des intervenants très locaux et qualifiés :

Bernard FROCHOT (Professeur émérite de la Faculté de Science de Dijon, Président du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel)

Gérard MOTTET (Professeur émérite des universités en géographie physique, Vice-Président de la Commission « aménagement du territoire » du Conseil Economique, Social et Environnemental de Bourgogne)

Jean VALLADE (Professeur émérite à l'Université de Bourgogne, secrétaire adjoint de la Société des Sciences Naturelles de Bourgogne)

 

Après un mot d’accueil par Jean-Patrick Masson, au nom de François Rebsamen, dans un exposé très détaillé, appuyé sur des diapositives commentées, Gérard Mottet a fait ressortir l’importance du réseau des cours d’eau en Bourgogne et le recours à la climatologie ancienne de notre région pour l’expliquer. Avec la carte géologique, il souligne la position charnière de notre région entre le bassin parisien et le domaine préalpin. Ensuite l’importance du relief provoque 3 effets déterminants : l’effet de seuil morvano-vosgien, l’effet de bassin avec l’Yonne et le Nord Côte d’Or, l’effet de couloir avec la Saône qui précède le couloir rhodanien. Notre région se situe aussi à un carrefour climatique qui favorise la diversité des zones humides. « Toit du monde occidental », comme l’appelait Vincenot, notre région envoie ses cours d’eau dans trois mers différentes : dans la Manche avec la Seine et ses affluents, dans la Méditerranée, avec la Saône et dans l’Océan avec l’Arroux, la Nièvre et la Loire. Toutes ces données aboutissent à la présence de nombreuses zones humides dont l’importance est soulignée par une cartographie qui existe depuis le 17esiècle. Avant tout aménagement, il convient donc de mener des études pluridisciplinaires pour éviter des catastrophes humaines ou écologiques, comme nous en connaissons trop souvent.

C’est ensuite Bernard Frochot qui a exposé l’urgence à agir pour la sauvegarde des zones humides. Il a d’abord classé les cours d’eau selon les catégories proposées par les pêcheurs, selon les poissons qu’ils y trouvent : les cours supérieurs comme la Seine avec une eau froide et courante, les cours moyens comme la Loire avec une pente encore forte et une activité soutenue, les cours inférieurs comme la Saône qui parcourt 200 km presque à plat. Ces cours d’eau subissent des dégradations du fait d’une chenalisation importante, dommageable pour le débit et la qualité de l’eau, des pollutionspar les fertilisants, les PCB et les pesticides, des espèces envahissantes qui perturbent les équilibres naturels. S’attachant à définir les différents types de plan d’eau qui existent en Bourgogne et dont très peu sont d’origine naturelle, B. Frochot a souligné qu’ils étaient très diversement accueillants pour la biodiversité : les étangs peu profonds sont plus propices que les réservoirs –dont les niveaux varient trop pour la biodiversité- ; de même les carrières en eau, très souvent alimentées par des eaux souterraines, sont moins riches que les eaux de surface. Dans notre région les tourbières restent assez rares car le climat est trop chaud. Les zones inondables qui favorisaient la biodiversité sont soumises à une rude concurrence et souvent asséchées directement ou indirectement pour la commodité des activités humaines. Pourtant il serait bon de préserver les zones humides qui contribuent à purifier l’eau, à réguler les débits, sans parler de la qualité du paysage, des activités nautiques et bien sûr de la biodiversité. Quelques pistes apparaissent pourtant ici et là avec la protection des tourbières, des progrès sur l’assainissement dans quelques communes et un début de prise de conscience pour l’aménagement des cours d’eau. Dans les zones humides, tout est lié ; et souvent les conséquences ne se voient qu’à long terme.

Un court débat a permis ensuite de souligner l’importance d’une collaboration étroite entre les gestionnaires de l’eau et les scientifiques. Il a été aussi question de l’origine des espèces invasives : comment discerner la main de l’homme et les hasards de la nature ? En fait il faut surtout s’attacher aux conséquences : on peut laisser faire la nature, mais elle est parfois submergée par les conséquences des activités humaines ; il convient donc d’intervenir avec discernement et avec le concours de spécialistes en amont et en aval du phénomène.

L’après-midi s’est poursuivi avec deux exposés sur la flore (par Jean Vallade) et les oiseaux d’eau (par Bernard Frochot) dans les zones humides, puis une projection suivie d’un débat sur une opération menée par le Parc Naturel Régional du Morvan au profit de la Bécasse des bois, présentée par Damien Lerat, de la société d’Histoire Naturelle d’Autun.

 

De ce colloque, il ressort l’importance d’une concertation entre scientifiques et responsables de l’aménagement du territoire, avant toute intervention dans un milieu naturel humide. En effet la biodiversité se construit avec le temps et peut-être anéantie par une action brutale. Dans notre commune où l’implantation d’un lotissement en Saint-Urbain fait débat, quelles concertations ont été menées pour évaluer les conséquences de ce projet sur cette zone humide, dont la biodiversité a été mise en valeur par l’association des Jardins et Vergers ? C’est peut-être par là qu’il aurait fallu commencer !

 

 

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